Comment trouver un mentor ?

Juillet 1997. Je prends mon premier poste de directrice marketing. Dans l’ombre, un mentor. Cette personne va m’accompagner lors de ce tournant de ma vie professionnelle. J’ai pu grâce à nos échanges voir les choses autrement, gagner du temps et de la confiance en moi.

« Frédérique, pourquoi rester sur la nationale, alors, que l’autoroute te tend les bras ? » La question claque, sincère, bienveillante aussi. Nous sommes fin 2017. Je suis une entrepreneure, et face à moi, un autre mentor. La discussion reprend, il me raconte comment il a passé un cap, il partage son expérience.

J’ai eu de la chance de croiser plusieurs mentors. Parfois, ils sont venus me chercher. Souvent, j’ai osé, j’ai demandé.

Un mentor, c’est qui ?

Vous pensez peut-être que ce n’est pas pour vous, mais, l’apanage des entrepreneurs de la Silicon Valley et des cadres dirigeants.

Un gourou, un coach ? Suivre à la lettre les conseils d’un tiers, ah non ! Et puis, cela coûte cher.

Avant de vous expliquer comment trouver ce mouton à cinq pattes, quelques mots pour vous expliquer ce qu’est un mentor et ce qu’il n’est pas !

Un mentor, c’est une relation d’aide, sur la base du volontariat, entre deux personnes qui n’ont pas de lien hiérarchique ni fonctionnel, et dont l’une est plus expérimentée nous dit Catherine Thibaux, auteure de l’ouvrage Les Clefs d’un mentoring réussi publié aux éditions Studyrama.

Un mentor, pourquoi faire ?

Le mentor partage son expérience, ses réussites et aussi ses erreurs et surtout les enseignements qu’il en a tirés.

Il le fait à titre gratuit. Le mentoré n’a pas de compte à rendre, la relation est d’égal à égal.

Un mentor n’est pas un coach qui est un professionnel. Dans un contrat de coaching, on définit un objectif, le sujet est négocié entre les deux parties.

Choisir un proche, ceux qui sont impliqués dans votre entreprise ? Non, pas vraiment une bonne idée.

Les échanges sont confidentiels. Tout cela apporte une certaine liberté dans les échanges, une sincérité aussi sans oublier la bienveillance.

On y parle de quoi ?

Les choix de carrière (prise de poste, reconversion, lancement d’une activité d’indépendant, ..) sont des sujets souvent abordés. On y parle aussi efficacité personnelle (gérer son temps, savoir déléguer), équilibre vie pro/vie perso sans oublier le réseau, et tout ce qui tourne autour de l’amélioration de la confiance en soi.

Un mentor, quels bénéfices ?

Un espace de respiration, c’est l’image qui me vient directement à l’esprit.

Ces rendez-vous, c’est la prise de recul garantie. Vous voyez les choses autrement, vous êtes aussi challengé, vous apprenez à agir autrement et vous gagnez du temps.

Etre mentoré, c’est ouvrir d’autres perspectives, injecter de la créativité dans le quotidien et se sentir soutenu pour avancer.

Cela commence toujours par une première réunion. On se met d’accord sur le sujet, le lieu, et la fréquence des réunions (plutôt mensuelles).

Alors, comment trouver un mentor ?

Parfois, certaines personnes vous le proposent, c’est plutôt rare. Souvent, c’est à nous à prendre l’initiative.

Première étape : bien définir votre sujet.

Je réfléchis à ce qui marche aujourd’hui, ou pas encore, ce qui me manque, ce qui est possible ou pas dans ma vie professionnelle.

Un sujet concret, riche d’exemples pour une présentation simple et précise pour le futur mentor.

En quelques mots, vous devriez arriver à lui dire « Aidez-moi à … »

Vous avez repéré votre futur mentor. Comment lui demander s’il accepte cette mission ?

J’aime la méthode proposée par Catherine Thibaux. 4 temps pour montrer le sérieux de votre approche et laisser votre futur mentor prendre sa décision.

1. Je lui indique comment je l’ai connu, ce que j’ai apprécié dans sa conférence, l’article que j’ai lu, ce qui m’a intéressé dans son parcours.

2. Je lui demande d’accepter d’être mon mentor.

3. Je lui explique ce qu’est le mentoring.

Un rendez-vous par mois, pendant 4 mois par exemple pendant lequel j’expose mes questions et il partage son expérience. Les informations échangées sont confidentielles. Cela commence toujours par une première réunion de cadrage.

4. S’il était réticent, je lui indique que je comprends qu’il ne puisse ne pas être intéressé.

-> Je lui propose, néanmoins, un premier rendez-vous pour nous rencontrer et ensuite, il prendra sa décision définitive.

-> S’il n’est pas d’accord, je lui demande des noms de personne qui pourrait être intéressé par cette relation de mentorat.

Convaincu ? Donc, je résume : un sujet, un mentor et une bonne dose d’audace ! C’est parti.

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Profil-frédérique Genicot

A propos de l'auteure

Economiste de formation, ex-cadre dirigeante avant de devenir entrepreneure, j’accompagne depuis 2006 des dirigeants de PME et des indépendants dans l’acquisition de nouveaux clients. 


En 2019, je signe mon premier livre “Adieu salariat Bonjour la liberté” aux éditions Eyrolles.